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Rédigé le 02 mai 2013 dans 05 Idees de Planneurs stratégiques | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Los Angeles, futur proche… La vie est belle pour l’homme nouveau et tout sourit à Adrian Crawford, l’un des premiers humains «2.0». Les bonnes fées du génie génétique se sont penchées sur son berceau avant même sa conception. Elles lui ont épargné toute prédisposition à la maladie. Elles lui ont offert le corps sculptural d’une statue grecque, la blondeur glaçante d’un aryen lebensborn… et, tant qu’à faire, l’ont doté d’un engin «XXL». Mais Adrian affiche surtout un QI de 200, un ego surdimensionné et une absence totale de compassion.

Membre de l’upper-class, il est le prototype d’une nouvelle lignée d’humains «augmentés». Il méprise «les humains non génétiquement modifiés et les ennemis du progrès». Il déteste «les nécessiteux, les idiots, les faibles, les écologistes, les religieux». Et il hait plus que tout ces tarés de militants «bioluddites» qui prônent «le retour à la bougie». Pour lui, cette sous-humanité est condamnée à disparaître. Leur espérance de vie est ridicule : un siècle tout au plus, et encore, grâce aux thérapies géniques. «Au sommet de la chaîne alimentaire», Adrian et ses congénères caressent, eux, le rêve d’immortalité. Alors autant accélérer la sélection naturelle. Exit Darwin : la nuit, l’homme-machine joue du scalpel sur les humains 1.0 façon American Psycho…
Bienvenue dans le meilleur des mondes selon David Angevin et Laurent Alexandre, respectivement journaliste-romancier et médecin-entrepreneur (Doctissimo). Avec Adrian, humain 2.0, le tandem reprend le récit là où il l’avait laissé dans Google Démocratie (Naïve),paru en 2011.
Le monde qu’ils décrivent n’est pas très éloigné du nôtre. L’Europe bioconservatrice est devenue un «Jurassic Park industriel», ruiné par la crise. Le «G2 transhumaniste» Etats-Unis-Chine règne sur la planète grâce à son avance dans les «NBIC» (Nanotechs, biotechs, informatique, sciences cognitives). Et, dans l’ombre, un «Prince des ténèbres» tire les ficelles : l’überpatron de Google, Sergeï Brin. Plus puissant que le président des Etats-Unis, il gouverne seul son entreprise omnisciente depuis qu’un bioterroriste a assassiné son comparse Larry Page. Et avec Google qui vampirise tout le savoir humain, il nourrit en secret un monstre : la «Singularité», l’intelligence artificielle qui régnera bientôt sur l’homme-machine…
On l’aura compris, ce roman, qui se dévore comme un thriller, surfe adroitement sur les grandes interrogations bioéthiques du moment. Bien documenté, il esquisse un futur eugéniste inquiétant car appartenant au possible : le nouvel hypercapitalisme du numérique et des biotechs n’est-il pas en train de réunir toutes les pièces du puzzle transhumaniste ? Mais le propos du livre est troublant, voire ambigu, quand on sait que l’un des deux auteurs, Laurent Alexandre, a lui-même fondé une start-up spécialisée dans le séquençage ADN : DNA Vision…
«Adrian, humain 2.0», de Laurent Alexandre et David Angevin, Naïve, 20 €.
Rédigé le 18 mai 2013 dans 02 Aller, Voir, Faire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Apparemment, toutes les pépites d'internet n'ont pas le même éclat. Celle-ci attire plus de 17 millions de Français chaque mois - pratiquement moitié plus que le fameux Dailymotion et même davantage que son prétendant malheureux Yahoo! A en croire Médiamétrie , elle est au huitième rang des sites les plus consultés en France (mesure en « visiteurs uniques »). Depuis sa création en 2006, elle était détenue par deux groupes de presse gratuite, le français Spir et le norvégien Schibsted, dans « un partenariat équilibré à 50-50 » - la formule souhaitée par l'actuel gouvernement français pour Dailymotion. Mais l'équilibre n'a pas tenu bien longtemps. Trop endetté, Spir a vendu sa moitié à son partenaire en 2010. C'est ainsi que Leboncoin.fr, site d'annonces gratuites en ligne (22.310.382 offres hier à 12 h 16) est devenu la filiale à 100 % d'un groupe étranger… sans susciter la moindre réaction à Paris.

Bien sûr, le gouvernement a changé depuis, mais on aurait pu entendre à l'époque les protestations de socialistes protectionnistes - il y en avait déjà. Certes, « J'ai "downloadé" la dernière vidéo de "Zombinladen" » fait plus branché que « j'ai chiné un canapé en ligne », et l'anglophone Dailymotion claque mieux dans les salons parisiens que le franchouillard Leboncoin.fr (adopté après la consultation de 400 internautes). Le premier peut espérer une gloire mondiale, alors que le second restera franco-français, puisque le très efficace moteur de recherche à la base de son succès est déjà employé dans des dizaines de pays par d'autres filiales de Schibsted. Mais Leboncoin.fr est déjà très rentable, sans prendre la moindre commission sur le montant des achats transitant par son site, financé par ses publicités et ses tarifs soigneusement ciselés (3 euros pour accoler le mot « urgent » à son annonce dans l'ameublement, 4 côté jardinage, 5 pour une voiture, 5,80 pour une maison…). Et surtout, le succès de Leboncoin.fr, bien plus fort que celui de ses équivalents étrangers, en dit beaucoup sur l'économie française d'aujourd'hui.
Le premier message, c'est… l'économie. L'an dernier, le pouvoir d'achat par tête a reculé de près de 1 %, comme le confirmera l'Insee demain. C'est la plus forte baisse en une génération. Depuis 2007, le même pouvoir d'achat a stagné. C'est sans précédent depuis la dernière guerre. Du coup, les Français économisent. Ils en viennent à limiter leurs achats alimentaires - c'est dire l'ampleur des révisions en cours. Pour préserver leur niveau de vie, ils arbitrent comme jamais entre leurs différents postes de dépenses. Avec un critère de plus en plus employé : neuf ou occasion. Pour l'iPhone, mieux vaut avoir le dernier modèle. Pour le tricycle du petit, c'est sans doute moins indispensable (166 unités proposées hier sur le site, à partir de 5 euros). Pour une chaîne hi-fi dans la résidence secondaire aussi. Avec Leboncoin.fr, ces arbitrages-là peuvent se faire à échelle industrielle, sans s'exposer aux caprices de la météo, qui gâchent les plus beaux vide-greniers. Au-delà est remis en cause l'immense gâchis qui marqua l'apogée de la société de consommation. Nombre d'entreprises vont devoir repenser leur offre en profondeur, retrouver l'utilité, recréer la croissance.
Le deuxième message que délivre le succès Leboncoin.fr est le retour de la proximité. Le site ouvre sur une carte de France. On arrive dans son département en deux clics, dans sa ville, en inscrivant son code postal. Le vendeur est à 2 kilomètres, parfois dans sa rue. Il est possible d'aller voir. Dans l'ancien temps, on apprenait par le boucheà-oreille que le cousin de Georges, qui habite le village d'à côté, avait un cheval à vendre. Aujourd'hui, on le découvre sur Internet. Contrairement au concurrent eBay, qui promet de trouver l'objet rêvé à l'autre bout du monde, Leboncoin rouvre le champ du voisinage. En fait, ce n'est pas seulement le retour de la proximité, une valeur en hausse (le groupe Pagesjaunes a, par exemple, choisi de se renommer « Solocal »). C'est aussi sa réinvention. Sans pour autant sentir le renfermé. Ginette a certes acheté son ordinateur portable à Léon, à trois stations de bus de chez elle. Mais, dessus, elle vient de télécharger la dernière vidéo du coréen Psy, bien qu'elle soit moins réussie que son célèbre « Gangnam Style ». Le message déborde largement la brocante sur Internet. C'est l'amorce d'une société plus horizontale, avec moins d'intermédiaires. Et si les Parisiens sortaient plus souvent de Paris, ils sauraient que la sortie de crise passera justement par cette proximité ouverte sur le monde.
Le troisième message porte sur la valeur. Leboncoin élargit le marché, en y intégrant des millions d'objets qui étaient jusque-là à son pourtour. Le château de Rouffach, en Alsace, mis en vente à 63 millions d'euros, aurait eu un prix de vente sans Leboncoin. C'est moins sûr pour le « superbe tee-shirt Kimbaloo 18 mois » affiché à 1 euro du côté de Montargis. Le même mécanisme est à l'oeuvre dans l'émission de télévision « Un trésor dans votre maison » diffusée par M6, où un animateur et un expert commissaire-priseur aident monsieur et madame Tout-le-Monde à valoriser les objets qui encombrent leur grenier - une émission qui attire près de 2 millions de téléspectateurs. La valeur déborde des magasins, des circuits traditionnels de distribution et de production. Au fond, Leboncoin.fr donne une leçon de marché à tous ceux qui croient déjà le connaître. Ce n'est pas le moindre de ses charmes.
Rédigé le 18 mai 2013 dans 04 Community planning / Community Management | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
http://www.rue89.com/2013/05/16/soldes-a-virgin-etes-comportes-comme-pourritures-242388
Nous avons vu ce billet sur le blog Les rétro-galeries de Mr Gutsy circuler sur Facebook et, sidérés par la violence des faits relatés, avons pris contact avec son auteur. Il nous a amicalement permis de reprendre son texte.
Antoine, contractuel dans la fonction publique et blogueur, a vu sa compagne en pleurs, « détruite » après cette journée de soldes. Agée de 28 ans, elle travaille au Virgin des Champs-Elysées depuis 2008 et sera bientôt au chômage.
Antoine a alors interrogé les collègues de sa compagne, et écrit le récit de leur journée. Dans son post il reprend également des témoignages de clients publiés dans le Parisien et Lyon Capitale. Son texte pourra en choquer certains.
Le 13 mai 2013 à minuit, via e-mails et réseaux sociaux, la nouvelle se répand comme un virus digne des zombies de Danny Boyle : le Virgin Megastore, à l’agonie, annonce des réductions de 50% sur la quasi-totalité du magasin. Les détenteurs de cartes de fidélité bénéficient de 20% supplémentaires.
L’enseigne Champs-Elysées ouvre à 10 heures, et les choses se compliquent déjà. Les gens dehors s’impatientent, ils sont des centaines (dont certains depuis 7 heures du matin), et tentent d’ouvrir eux-mêmes la gigantesque porte métallique. Ils tentent, ils tentent, les charognards.
La tension est déjà là, quelque chose ne tourne pas rond. Une ambiance, une attitude.
Le service de sécurité fait grincer les gonds. Sésame, ouvre-toi. Les chiens sont lâchés, le chaos peut commencer.
Des centaines d’humains, visages déformés, hagards, montent en courant au premier étage, se poussent les uns les autres. Une femme chute dans le grand escalier. Personne ne l’aide à se relever.
Objectif : le rayon numérique. Un iPad à 700 euros devient un iPad à 350 euros. Alors ils en prennent deux, trois, quatre, car même à 600 euros, les tablettes numériques se revendent illico sur eBay ou Leboncoin.fr.
Mais il n’y a pas que ça à récupérer, et certains ont prévu le coup : ils sont venus avec des grands sacs. D’autres ont carrément ramené des valises.
Comme le témoigne une certaine Emma dans Le Parisien :
« C’était la folie. Ça poussait de tous les côtés. Les plus pressés montaient les marches quatre à quatre pour aller dans les rayons hi-fi. Mais il y avait peu d’articles. Du coup, certains clients arrachaient de leur socle les appareils photos ou les tablettes en exposition. Les alarmes retentissaient de toute part. »
Au téléphone, un homme hurle, plié d’un rire nerveux : « J’y crois pas, ici c’est l’apocalyyypse ! ! ! » Dans un premier temps, les employés trouvent ça hallucinant, positivement parlant. Mais ils vont déchanter très vite.
Les consoles Xbox, vendues la veille 250 euros, passent à 175 euros. Prenons-en une, non deux, non trois. Durant l’heure suivant l’ouverture du magasin, les vendeurs, complètement désemparés, sont suivis, pris à partie, traqués, insultés, secoués par des clients devenus fous.
Certains employés montent sur des tabourets, et hurlent des ordres aux gens afin de contenir, de canaliser la foule en furie. En vain. Des clients leur hurlent dessus, et l’attention sera – semble-t-il – à qui criera le plus fort.
Alors qu’ils ont commencé leur journée depuis moins de deux heures, certains salariés s’échappent littéralement pour aller pleurer au stock, loin du chaos. Pour atterrir, pour se rendre compte de ce qu’il se passe, et reprendre un poil de force.
La fermeture du magasin, le néant d’information depuis plusieurs mois concernant un quelconque plan social, Pôle emploi s’approchant, et maintenant ça. Ça fait beaucoup.
En moins de trente minutes, le rayon numérique est vide. Plus rien, à part de la poussière et des déchets sur les rayonnages (restes de menus McDo, cannettes vides, emballages divers).
Vidéo amateur publiée par les Dernières Nouvelles d’Alsace
Des gens ont sous les bras des trucs sans savoir de quoi il s’agit. Ils ne savent même pas ce que c’est. « Vous pensez que je peux en tirer combien ? », osent-ils même demander. Mais même sans savoir, plus besoin de les mettre sur Priceminister. Car la vente n’a jamais été aussi sauvage, et des enchères commencent dès lors dans les files d’attente.
Je n’ai pas eu d’iPad, je rachète le vôtre. Non moi, non moi, non moi, qui dit mieux ? On dégaine le cash, des billets passent discrètement de main en main. On se croirait en plein deal généralisé.
Le magasin a en stock 184 cartouches du dernier jeu Nintendo DS « Professeur Layton ». Un revendeur de jeux vidéo, venu avec des amis porteurs, les prend toutes. Les 184.
Ceux qui sont arrivés trop tard au saint premier étage – ou qui n’ont pas eu accès aux enchères sauvages – prennent alors TOUT ce qui passe à hauteur de panier. TOUT : peluches, DVD au hasard, magnets, écouteurs, jeux de société, cartouches d’imprimantes. Ils n’ont pas le temps de choisir, sinon d’autres leur voleront leur butin.
Alors ils prennent, ils prennent, se gavent sans peur de vomir. Ils prennent pour empêcher d’autres de prendre. La plupart sont au portable :
« Mais tu veux lesquels ? Dis-moi vite, il n’y a presque plus rien ! “Twilight” ? “Iron Man” ? “Transformers” ? En Blu-ray ou DVD ? Bon, je prends tout, et rappelle-moi dans dix minutes ! De toute façon, on s’en fout, c’est à moins 50% ! »
Et pourtant – forcément – ils vomissent, quand le coup de sang est passé. Où ? Aux caisses. C’est réellement là qu’ils font leurs emplettes, leurs « bonnes affaires » : alors ça oui, je prends, ça non, ça oui, ça non... Ils reposent alors ce qui, en fait, ne les intéresse finalement pas.
L’attente dans la file est en moyenne de 1h30. Derrière les caissières, des centaines de produits divers s’entassent en dizaines de colonnes, trop rapidement dégueulés pour être rangés convenablement. Alors out le traditionnel classement fantastique/horreur/comédie : on prend tout et on repose tout en tas au rayon DVD. Obligé.
Les clients, pour une fois, ne se plaignent pas.
Une employée sort fumer une clope, par une sortie privée qui mène dans la rue d’à côté. Elle a bien pris soin d’enlever son gilet rouge, chose qu’elle ne fait jamais. Elle n’a même pas allumé sa cigarette que les gens repèrent sans pitié le petit logo sur son badge et l’accaparent :
« Vous pouvez me mettre ça de côté ? Il vous reste des iPad ? Achetez-en un pour vous, et je vous le rachète ! »
L’employée leur répond que non. Leurs bouches se déforment alors, deviennent méchantes : « Non, mais sérieux, on croit rêver... Pffff ! »
Même aux livres, rare rayon sur lequel les soldes n’ont pas lieu (loi oblige), les gens remplissent des paniers en prenant – là encore – tout ce qui leur passe sous la main.
Lorsque les employés leur précisent que les livres ne bénéficient pas de réductions – « Non, mais vous auriez pas pu le dire ? » – ils reposent tout tel quel, n’importe où, avant de partir bon train vers des rayons plus juteux. Lyon Capital le raconte également :
- « Vous devriez être contents, on rachète vos indemnités » ;
- « C’est scandaleux, les vendeurs se sont servis avant nous ! » ;
- « Vous n’allez pas vous plaindre d’être bientôt au chômage : vous vendez aujourd’hui, et je contribue en achetant. »
Pour ajouter au chaos ambiant, au rez-de-chaussée comme au premier étage, des centaines de boîtiers vides de DVD et jeux vidéo jonchent le sol. Ouverts de force, volés dans la cohue.
On marche comme sur des œufs de peur de glisser, en poussant du pied les cadavres d’une culture qui semble avoir été violée. A la sortie, les bornes antivols hurlent au point qu’on ne les entend même plus.
Alors que le magasin ferme normalement ses portes à 22 heures, aujourd’hui, extinction des feux à 19h30. Ordre de ce qui reste de la direction : ne plus faire entrer personne pour mieux gérer la horde présente. (Pour la plupart des salariés cependant, la journée ne se terminera vraiment que cinq heures plus tard.)
Les vigiles, sous une pluie d’insultes et de huées, font leur job. Les gens dehors deviennent fous, les en empêchent, retiennent la porte. Ce qu’ils ne savent pas, les chacals, c’est que le magasin a déjà été pillé. Chacun de ses os a été sucé méthodiquement. Avidement.
Avec difficulté, les agents de sécurité, qui n’ont JAMAIS vu ça de leur vie, parviennent à refermer le sésame. Ouf. Un délicat client qui n’a probablement pas eu sa part du gâteau se plaindra quand même en commentaire de je ne sais plus quel site :
Durant les derniers mois, depuis l’annonce de la fermeture de la chaîne Virgin, pas un seul de ces « clients » n’a évidemment levé le petit doigt pour soutenir (de quelque manière que ce soit) les 1 000 salariés, futurs chômeurs dans quelques semaines.
Mais lundi, ils étaient pourtant tous là comme par magie, ces clients invisibles, fossoyeurs aux dents acérées.
Ils ont soudain retrouvé l’adresse d’un magasin dans lequel, au mieux, ils n’avaient pas mis les pieds depuis des années, au pire, ne sont jamais allés.
Comble, certains ont même posé des RTT le matin même pour pouvoir s’y rendre. Dans le même article du Parisien cité plus haut, il est également noté que l’Emma en question (mise au courant de la braderie par une proche) « était venue en repérage la veille, car elle n’avait encore jamais mis les pieds dans un magasin Virgin ».
Le temps d’une matinée, oubliant Amazon, oubliant « la crise », ils étaient là en chair et en os, en masse, les rats, les nécrophiles, dansant joyeusement sur les cadavres de milliers de salariés, amassant leur « butin », comme certains le disaient à 11 heures sur Twitter.
Faire des bonnes affaires, c’est une chose. Mais à ce prix-là ? « Eh oui » avez-vous tous répondu en chœur, « A ce prix-là », justement. Et ce prix-là, c’était moins 50%. C’est ce que vous répétiez tous, vous, les charognards, la salive pâteuse aux commissures des lèvres.
Pour ce prix-là, vous avez poussé aux larmes des travailleurs qui, peu importe ce qu’on peut penser de Virgin, ont mis toute leur énergie et leur amour durant des années dans un job qui les a passionnés. Pour un simple rabais, vous les avez insultés, méprisés et violentés. Vous avez montré sans masque qu’un vulgaire iPad avait à vos yeux plus de valeur que leur travail et leurs passions.
Pour ce prix-là, putain, vous êtes devenus des bêtes. A prix cassés, dignité soldée ? La vôtre on s’en doutait, mais également la leur dans la foulée ? Vous ridiculiser ne suffisait donc pas ? Il fallait également les écraser, les traîner dans la boue ?
Vous vous êtes battus comme des chiens. Bravo, c’est bien. Mais vous n’êtes pas des chiens, les chiens n’agiraient pas ainsi. Mais vous n’êtes pas non plus des êtres humains, car un humain il me semble, n’agit pas non plus de la sorte.
Non. Pour vous être comportés ainsi, vous n’êtes simplement – et clairement – que des sales pourritures.
Rédigé le 18 mai 2013 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Selon le sondage annuel de l'Institut Piper Jaffray auprès de 5000 adolescents américains, que rapporte Zdnet.fr, les réseaux sociaux s'avèrent pratiquement tous en perte d'attention auprès des plus jeunes (seuls Twitter et Instagram semblent encore avoir leurs faveurs, mais la cote d'amour s'est grandement ralentie). La raison de la désertion des réseaux sociaux ? "Las du partage exacerbé, las des traces laissées ici ou là, las de la surveillance potentielle de leurs parents, ils semblent préférer désormais les applications de messagerie instantanée comme Kik (30 millions d'utilisateurs), WhatsApp (17 milliards de messages échangés par jour), SnapChat (100 millions de messages et 50 millions de photos échangés par jour), ou encore Line, qui vient de passer les 100 millions d'utilisateurs en janvier dernier...", estime Benoît Darcy.

Image : la page d'accueil de SnapChat...
Rachel Metz pour la Technology Review pointait récemment ce même phénomène : le développement des applications éphémères. Les applications comme Snapchat, qui vous permettent d'envoyer un message avec une durée de vie limitée, se multiplient. Pourquoi ? Si beaucoup de ces applications se développent parce qu'elles s'avèrent à l'usage être moins chères à utiliser dans le cadre de son forfait mobile illimité que via le décompte de ses SMS par son opérateur, leur succès vient surtout du fait qu'elles semblent donner aux gens un contrôle très simple sur leurs données. "L'une des raisons pour lesquelles ces applications ont du succès, est qu'elles nous ramènent à un temps où le contexte était tout ce qui importait", estime Lee Rainie, directeur du Pew Internet Research Center & American Life Project, en faisant implicitement référence aux travaux d'Helen Nissenbaum.
Est-ce une réponse au malaise engendré par le partage de nos vies sur les réseaux sociaux ? Un moyen de retrouver un peu d'intimité dans le grand déballage des données personnelles et des traitements dont elles sont l'objet, par-devers nous ? Les messages éphémères sont-ils l'avenir d'une information que les sites sociaux ont rendue trop centralisée ? Assurément, ils semblent une réponse à l'éternité qui s'empare de notre mémoire numérique qu'évoquait Viktor Mayer-Schönberger dans une interview pour le Guardian que nous relatait Xavier de la Porte.
Reste que si ses messages sont éphémères, parfois chiffrés pour nous
apporter une plus grande sécurité, cela ne signifie pas toujours qu'ils
soient vraiment éliminés après leur utilisation par les systèmes qui les
proposent (Poke,
le service de partage éphémère lancé par... Facebook, en souvenir
peut-être de l'ancien signe de reconnaissance qui avait fait les belles
heures du site social, "ne garantit pas la suppression définitive des contenus après leur durée de vie" (sic) rappelle Zdnet). Pas plus qu'ils n'assurent ne pas être interconnectés avec des systèmes qui vous mesurent en permanence : Wickr permet ainsi de joindre des documents stockés en ligne sur Google Drive ou Dropbox... Si Gryphn
crypte et décrypte les SMS tout en facilitant le réglage de la durée de
vie du message et en rendant plus difficile la capture d'écran et le
renvoi à d'autres utilisateurs, il n'est dit nulle part que le système
ne conserve pas les données quelque part... (même si sans la clef de
décryptage, il restera difficile d'y accéder, et la législation
américaine ne peut forcer l'utilisateur final à donner la clé de
cryptage de ses données rappelle le chercheur en sécurité, Christopher Soghoian).
Vidéo : Démonstration des fonctionnalités de Gryphn, la plateforme de messagerie mobile sécurisée.
Si ces formes de communication éphémères et cryptées gagnent en popularité (on se souvient de Privly dont les extensions pour navigateur sont encore en version alpha), il est à parier qu'elles vont s'étendre dans bien d'autres applications. Reste que pour la plupart de ces applications, le fait de ne plus avoir accès à ses documents, images ou messages au-delà d'une certaine durée ou de ne pas pouvoir faire de capture d'écrans facilement, fait illusion sur l'impression de maîtrise sur la conservation des données qui se fait par-devers nous - le très récent scandale lié à la découverte d'une faille de sécurité dans SnapChat qu'évoque Maxime Vaudano pour Rézonnances, permettant de récupérer l'ensemble des photos d'un utilisateurs, l'illustre parfaitement. Toutes sont loin de proposer des niveaux de confidentialité ou des mesures de conservations des données équivalents.
Qu'importe. Ce revers des sites sociaux semble en tout cas suffisamment intéressant pour être noté. Il sonne comme un timide avertissement en provenance des utilisateurs. Une manière détournée de reprendre possession de ce dont nous sommes dépossédés au-delà de notre consentement. Illusoire en l'état, bien sûr. Disons que c'est une première forme de réponse qui montre, comme nous le disions l'année dernière en pointant le lancement de Privly, qu'il y a assurément de la place pour des services respectueux de la vie privée.
Rédigé le 13 mai 2013 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Rédigé le 09 mai 2013 dans 05 Idees de Planneurs stratégiques | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Rédigé le 08 mai 2013 dans 02 Aller, Voir, Faire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le Transmédia implique que l'histoire s'écrive sur tous les écrans, un programme diffusé sur un écran ne se suffit pas à lui même (Gilles Freissinier de arte). «Art of the Heist ARG» de Audi qui mettait en scène la disparition d’une voiture avec un fil narratif reste le meilleur cas de pub transmedia (2M de visiteurs, 10 000 visites en concession).
A suivre =) Top 100 des gestionnaires de contenu sur twitter (brand content managers)
Rédigé le 07 mai 2013 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)




